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Dimanche 30 septembre 2007
BODHIDHARMA OU PU TI DA MO
 
 
Son nom en chinois est PU TI DA MO pu--FIGUIER.JPGTI.JPGDA--r--aliser.jpgMO-frotter.JPG

PU TI vient du sanscrit Bodhi signifiant l’éveil, illumination ou sagesse parfaite (Ricci 4179)
DA MO c’est la transcription phonétique du sanscrit : dharma qui signifie la loi ; normes qui régissent l’univers et l’existence et aussi vertu, droit, devoir, fonction, tâche propre à chacun suivant sa naissance, loi morale juste, principe fondamental de l’activité. Bodhidharma est un Bodhisattva ; ce sont ceux qui ont renoncé à devenir un Bouddha par compassion envers les êtres.

 

 

poussah-3.jpg

PU SA ou Poussah ; contraction de PU TI SA TO ou BODDHISATTVA
 
 
  
 
 
L’ARBRE DE LA BODHI

L’idéogramme PU       pu--FIGUIER.JPG          désigne le figuier des pagodes (Ricci 4179)


ficus-religiosa.jpg
Ficus religiosa ou Pipal


 
 
C’est l’arbre sous lequel le Bouddha a atteint l’éveil.

28-11-2006-012.jpg



Cet arbre possède un lien très fort avec la doctrine bouddhiste, il est vénéré depuis plus de 2500 ans à Bodh-Gayâ lieu où le Bouddha s’est assis en méditation. Il appartient aux arbres sacrés de l’Inde relié aussi à de nombreuses autres divinités hindous (Krisna, Ganesha, Hanuman
BODHI c’est donc  l’arbre de l’éveil






feuille-ficus-religiosa.jpg

Feuille du ficus religiosa en forme de coeur





LA LEGENDE DE BODHIDHARMA
 
  
           
Une grande partie des historiens s’accordent sur le caractère légendaire du personnage. Son arrivée en Chine difficile à dater précisément, son origine indienne ou perse, son entrevue avec le roi Wu de la dynastie des Liang, son départ pour Shaolin Shi, monastère bouddhique près de Luoyang la capitale, sa méditation de
neuf années devant le mur, sont autant d’éléments qu’aucune source historique sûre n’a jamais attesté. Tout ce que la tradition relate de Bodhidharma est à prendre avec prudence, que ce soit le fait qu’il soit considéré comme le créateur du bouddhisme Chan (1) voir du Gong fu wu shu et aussi qu’il ait pu être à l’origine de deux séries d’exercices ; les Yi Jin Jing et Xi Sui Jing. Sur son origine, les avis des historiens divergent à tel point que certains nient même son existence tandis que d’autres avancent qu’il y aurait plusieurs moines à différentes époques.(2) 
 
 



Shaolin Shi :
 
 
B. Faure avance qu’il aurait eu un amalgame entre Bodhidharma et Huike d’un part et Fotuo (un maître de dhyâna occidental pour qui Shaolin si a été fondé) et son disciple Sengchou (480-560). Sengchou était un adepte du Ninayânâ . Les adeptes du Dongshan voulaient consacrer le Songshan qui était en train de prospérer.  
 
 


9 ans en méditation :
 

          Le chiffre 9 a une portée hautement symbolique, il représente le principe yang à son apogée. Ces 9 années passées en méditation veulent attester que DA MO a atteint un sommet dans la connaissance. On peut relever la contradiction du personnage considéré comme l’importateur en Chine de  l’école Lanka, école indienne dont la doctrine est décrite dans le Lankâvatâra-sutra (texte traitant de l’illumination intérieure) et comme un adepte du Bi Guan (traduction littérale contemplation murale) condamnant tout recours à la lettre écrite.
 



troisi--me-oeil.JPGGuan
l’hexagramme n°20 du Yi Jing, signifie perception de l’invisible, moment où l’on saisit l’influx des énergies cachée. 










 Bodhidharma se fait donc le propagateur d’une voie « pratique » loin des études de textes, il passe pour un réformateur, un révolutionnaire du bouddhisme qui se faisait jour en Chine à cette époque.
 
 


 
 
Bodhidharma : créateur du Yi Jin Jing ? 
 
 
 
            L’histoire « officielle »
 
            Il est communément admis dans le monde des arts martiaux que Bodhidharma ait été à l’origine de plusieurs techniques corporelles
 Le Yi Jin Jing
 Le Xi Sui Jing
Et aussi les 18 mains de Lohan (certaines sources avancent que cette forme aurait été inspirée par le Yi Jin Jing)
deva-3.JPG
Au sujet des deux premières, DA MO les aurait crée suite à son constat de la faible constitution des moines du monastère de la petite forêt. Ceci peut sous-entendre que les pratiques corporelles n’avaient pas ou peu de place dans la vie monacale, ou bien si elles existaient qu’elles n’étaient pas adaptées à leurs besoins. D’autre part BODHIDHARMA se présentant comme un rénovateur du bouddhisme chinois,  est-il là pour faire comprendre aux adeptes que la lecture et l’étude des textes ne peuvent suffire à la vie des moines. Il tenait à rappeler l’importance de la pratique physique. D’ailleurs, n’aurait-il pas eu besoin lui-même de ces exercices afin de pouvoir supporter ces neufs années de méditation ! Sur l'attribution de la création de ces exercices à Bodhidharma de nombreuses questions se posent.
 
            D’après les articles de William C.C. Hu, publiés en dans le BLACKBELT Magasine en 1965, il n’a pas été trouvées de références antérieure à 1858 pour le Yi Jin Jing. Pain Wei a fait une compilation sous le titre Wei sheng yao shu puis en 1881 le Yi Jin Jing est inséré dans le nei kung tuo shuo. Il n’avait aucune mention de Bodhidharma ou d’influences indiennes mais plutôt une compilation de connaissances de la médecine traditionnelle chinoise, de pratique de dao yin et de taoïsme. De son côté Yang Jwing ming affirme qu’en 1875 un ouvrage attribut la paternité du Yi Jin Jing à Bodhidharma, il s’agit du weisheng i chin ching de juning kuang-so .Il est courant d’associer une technique corporelle à une grande figure de l’histoire chinoise ; Zhang San Feng pour le taiji quan, Bodhidharma pour le Yi Jin Jing, d’autant plus si le personnage a vécu il y longtemps, ceci apporte beaucoup plus de crédit à l’exercice. 



Essai sur les origines et les influences du Yi Jin Jing
  
Cet exercice appartient  aux classiques " des exercices de santé chinois", il plonge ses racines dans les grands courants de la tradition chinoise.
  

ORIGINES-ET-INFLUENCES-DU-YI-JIN-JING-copie-1.JPG

 
Les chiffres font référence à ceux du tableau ci dessus.
 
(1) 18 arhats ou arhans (16 indiens, 2 chinois) ou 18 animaux de l’iconographie indienne et chinoise
le chiffre 18 se rapporte aux 18 conditions du Bouddha, et aussi aux 18 écoles du Hinayâna
 
(2) De nombreuses écoles se rattachant au monastère de Shaolin avancent que le YI JIN JING est à l’origine des 18 LO HAN
 
(3) SHI  ER  DUAN JIN (12 pièces de brocart) Yang Jwing-Ming avance que le général Yue Fei créa le SHI ER DUAN JIN à partir du YI JIN JING, il le simplifiera en BA DUAN JIN, ceci afin de servir d’entraînement à ses soldats. Pour lui le XING YI QUAN et le LIU HO BA FA (boxe des six coordinations et des 8 méthodes) découlent tous deux de SHI ER DUAN JIN 
 
(4) G.Charles fait remarquer que la branche du Xing Yi Quan du Hunan a conservé dans sa méthode originelle douze formes animales.  
 
(5) D’après G .Charles les 18 mouvements de LO HAN servirent de base au LIAN GONG SHI BA FA (di huit traitements)
 
(6) d’après SUN LU TANG
 
 
Cet enchaînement se place à la croisée d’influences majeures ; l’Inde et le yoga, le bouddhisme,  le taoïsme,  le chamanisme.

 




Quand bien même ce personnage n’ait jamais existé, il a incontestablement influencé les esprits en Chine et au Japon,(4)
 l’image de l’ascète méditant devant un mur a inspiré de nombreux artistes. Même s’il a partagé avec d’autres la paternité de la réforme du bouddhisme chinois, il apparaît quand même le plus souvent comme le premier patriarche du bouddhisme Chan, et si le rattachement de Bodhidharma au monastère de Shaolin n’a été qu’une manière d’apporter du crédit au monastère, il est en pourtant devenu la principale icône. 
 
  
 
 
 


 
(1)Chan est une abréviation du terme Chan na qui vient lui-même du sanskrit Dhyâna. A.Cheng nous dit sur ce mot : « le terme difficilement traduisible de dhyâna désigne dans le bouddhisme canonique de l’inde un ensemble d’exercices dûment définis et gradués qui visent à l’obtention de divers états de concentration et de purifications mentales relevant du yoga »
(2) Voir Despeux les entretiens de Mazu p 12
(3) Selon Despeux p 14 les entretiens de Mazu Bodhidharma est considéré par la tradition comme le 28ème patriarche de l’école Lanka en Inde
(4) le bouddhisme Chan est devenu le bouddhisme Zen au Japon
(5) Voir Les entretiens de Mazu




Sources :
 
Chi Kung Dr Yang Jwing Ming
Dictionnaire français de la langue chinoise Institut Ricci-Kuangchi Press
Histoire n° 7 G.Charles Ecole Française de taiji quan
Le bouddhisme Ch’an en mal d’histoire Bernard Faure Ecole française d’Extrême-Orient
Les entretiens de Mazu introduction, traduction et notes C.Despeux Les Deux océans
Le traité de Bodhidharma traduit et commenté par Bernard Faure LE MAIL
Mythologie des arbres J.Brosse Payot
Traité d’énergie Vitale G.Charles
 
par T.Lambert publié dans : HISTOIRE
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